Quel livre apporter en voyage ou sur une ile déserte ?

Réflexions littéraires

Voici les réponses de mes collègues du département de français (Lettres) au cégep André-Laurendeau à la question épineuse du choix littéraire (par ordre alphabétique de prénoms):

Christian Nolet
Pour Catherine Desgagnés,
J’apporterais des poètes pour les lire plusieurs fois (la poésie, on y revient sans cesse) et en mémoriser plusieurs, les dire avec les bonnes intonations, la bonne mélodie, les dire tout bas ou très fort (en mer, on ne dérange que les méduses et les passagers, mais ces derniers peuvent apprécier), bref pour les avoir en bouche (un exemple pour nos étudiants); des poètes métaphysiques comme Rilke ou Novalis, des poètes voyageurs comme Grandbois (bien sûr), des poètes surréalistes comme Éluard ou Michaux, des poètes du quotidien comme Reverdy, des poètes mélodistes comme Aragon, des poètes du pays comme Miron (évidemment), des poètes mystérieux comme Pessoa… Un roman, quand c’est lu, c’est à charge. On peut les relire, bien sûr, mais en voyage c’est un bagage dont le poids augmente avec le temps. Un recueil de poèmes est plus léger et s’il prend du poids, c’est le poids des répétitions cadencées dans nos têtes.
 
J’apporterais aussi une bible pour la lire une première ou une deuxième fois. Si, si! Comme la Bible contient tous les genres (mythes, histoires vraies ou fictives, poésies, chroniques, essais, harangues, livres de contes et de comptes, légendes, paraboles, utopies, dystopies, etc.), elle donne une variété de lectures non négligeable en voyage. Et puis, pas besoin d’y croire. C’est un beau livre qui a toutes les prétentions du monde, qui charrie encore beaucoup de choses dans nos veines historiques et qui, pour ces raisons, peut être utile comme passeport culturel à travers le monde.

Christian

Danièle Simpson

En attendant les barbares, J. M. Coetzee
Vendredi ou les limbes du Pacifique, Michel Tournier
Le silence de Cleaver, Tim Parks

S’il n’y en avait qu’un, ce serait le Tournier, je crois.

François Racine
Les Démons de Dostoïevski, pour son anticipation des excès du soviétisme et pour Nicolas Stavroguine, probablement l’un des personnages les plus complexes de toute la littérature, toutes époques confondues.

Le mémoire de François Racine à l’UQAM a d’ailleurs porté sur Dostoïevski et est intitulé: Le moment décisif dans l’oeuvre romanesque de Dostoïevski.

François-Charles Lévesque

La question! J’aurais pris Crime et Châtiment ou Les frères Karamazov, mais comme François a déjà dit Dostoïevski, et pour éviter une surdose du grand Russe (question de ne pas tomber dans un cul-de-sac existentiel et métaphysique en pleine mer!) je propose autre chose : Noces de Camus, qui se prête merveilleusement bien à la thématique du voyage, du soleil et de la mer. Des réflexions sur la condition humaine et sur la place de l’homme sur Terre ; rarement poésie et philosophie se sont si bien mariées, une oeuvre de pure beauté.

(Auparavant, nos discussions sur le sujet nous avaient aussi menés vers l’Ulysse, de Joyce, en version originale.)

Suivez le blogue littéraire de François-Charles Lévesque, Détours et déroutes.

Marie Ouellet

Un titre me vient: Les mille et une nuits, un livre de chevet inépuisable.
Il y a aussi La Traversée des apparences, le premier roman de Virginia Woolf, qui se passe d’ailleurs sur un bateau.

 
Marie-Andrée Lévesque
 
J’ai pensé à des titres d’oeuvres marquantes pour moi.
L’obéissance, Suzanne Jacob
Dolce Agonia, Nancy Huston
Le double suspect, Madeleine Monette.
 

Marie-Ève Pelland

Le Paradis – un peu plus loin  de Vargas Llosa.

Un livre qui provoque, dès sa première lecture, la certitude qu’il sera lu et relu mérite, au moment d’un voyage, une place dans nos bagages, et ce, même – surtout – si on les veut légers.

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3 réponses à “Quel livre apporter en voyage ou sur une ile déserte ?

  1. Sébastien Trudel

    Malheureusement seulement en anglais, mais « The Motion of the Ocean: 1 Small Boat, 2 Average Lovers, and a Woman’s Search for the Meaning of Wife » de Janna Cawrse Esarey un incontournable. Vous convaincre en une seule phrase? Tiens, la première du livre qui donne le ton: “Somewhere fifty miles off the coast of oregon i realize the skipper of this very small ship is an asshole. He also happens to be my husband.”
    Cinglant, soit, mais Janna fait preuve d’autant de profondeur.
    À+ et bon vent!

    Sébastien.

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