Échouage: que peut-on expliquer ?

Je serai l’invitée d’Isabelle Maréchal ce jeudi 12 septembre entre 11h et 12h au 98.5 fm à Montréal sur le thème « Le voyage qui change une vie ».

Avec respect et ouverture pour tout ce que nous avons vécu, j’essaierai d’expliquer les écueils que nous avons rencontrés.

Je ne sais pas s’il s’agit d’une émission à laquelle le public est appelé à participer, mais j’espère y répondre aux nombreuses interrogations et inquiétudes qui m’ont été envoyées. Si ce n’était pas le cas, n’hésitez pas à m’écrire !

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Échouage

(Cet article aurait dû paraitre voilà plus d’un mois, mais mon ordinateur ayant rendu l’âme et les choses s’étant précipitées, le voilà, avec retard…)

L’histoire est simple et sans surprise, comme l’est souvent la nature humaine.

Ce sont deux personnes qui, depuis le début, caressent un rêve grandiose, incroyable. Pendant dix ans, elles travaillent sans relâche, multipliant les sacrifices, y mettant le meilleur d’elles-mêmes. Toutes leurs énergies y passent, elles y suent sang et eau, muscles et nerfs tendus vers ce projet. À force de regarder vers l’avant, comme lorsqu’on fixe le soleil dans les yeux, c’est l’éblouissement. On ne voit plus que de la lumière, sans distinguer les détails.

L’histoire est simple : deux personnes tendues vers un même but, dans l’effort formidable qu’elles mettent à l’atteindre, oublient de se regarder dans les yeux, oublient de se regarder le fond du cœur. Et un jour, lorsque la pression tombe, lorsque le rêve se réalise, lorsque l’eau salée nettoie les fronts en sueur, lorsque l’eau verte nettoie la coque de sapin, dessille les yeux, on regarde les mains qui tiennent la barre et on ne les reconnait plus comme siennes. On scrute l’horizon à la recherche du compagnon de route et on ne le retrouve pas. Sur une longue route, quelques degrés suffisent pour se perdre. Ou pour s’oublier.

8 mai. Nous voilà de nouveau à l’ancre à Fort Lauderdale, sept mois exactement après notre départ du Lac Champlain. Dans une semaine, nous prendrons l’avion pour Montréal où Yanick et moi chercherons des appartements séparés. Lhasa nous rejoindra quelques semaines plus tard sur le Lac Champlain. Nous  n’avons pas fait le tour du monde, mais avons commencé le tour de nous-mêmes. Ces quelques mois nous ont tous transformés. Nous avons repoussé nos limites et nous avons rencontré de nouvelles personnes, celles que nous sommes devenues imperceptiblement au fil des années.

Bien que ce retour nous rende très amers, je refuse, nous refusons de le considérer comme un échec. C’est un échouage : nous attendrons  la marée, peut-être permettra-t-elle à Lhasa de reprendre son voyage…

Pour l’heure, j’ajouterai de nouveaux articles sur notre séjour dans les Exumas et notre route de retour sur la Floride et surtout, je mettrai au long de nos dernières destinations des photos à faire rêver.

 

 

 

Que l’on regarde d’où l’on est
Comme un enfant qui part en mer

De sur la falaise où l’on est
Comme un enfant qu’un vaisseau prend

Comme un bateau que prend la mer
Pour un voyage au bout du vent

Pour un voyage en plein soleil
Mais la mer sonne déjà sourd

Et le ressac s’abat plus lourd
Et le voyage est à l’orage

Et lorsque toute la mer tonne
Et que le vent se lamente aux cordages

Le vaisseau n’est plus qu’une plainte
Et l’enfant n’est plus qu’un tourment

Et de la falaise où l’on est
Notre regard est sur la mer

Et nos bras sont à nos côtés
Comme des rames inutiles

Nos regards souffrent sur la mer
Comme de grandes mains de pitié

Deux pauvres mains qui ne font rien
Qui savent tout et ne peuvent rien

Qu’est-ce qu’on peut pour notre coeur
Enfant en voyage tout seul
Que la mer à nos yeux déchira.

(Hector de Saint-Denys Garneau, Regards et jeux dans l’espace, 1937)

Tourisme dans les Exumas – 1

23 mars, Norman’s Cay (24˚36N, 76˚49W)

Nous sommes déjà passés par ici voilà près d’une semaine (le 17 mars), arrivant peu avant le coucher du soleil après 40 heures de navigation au départ de Miami. Depuis, nous sommes descendus jusqu’à George Town et remontés jusqu’à Allen’s Cay.  Ce sont 190 miles nautiques en 5 jours. Nous sommes à peine allés à terre pendant ces quelques jours et les jambes nous démangent.

Aussi, quand enfin nous descendons toutes à la plage pour quelques heures alors que Yanick va sonder un nouvel ancrage mieux protégé, c’est le bonheur. Peu importe que les coquillages n’y abondent pas ou qu’il y ait un peu de roches : enfin, nous pouvons nous délasser les jambes un peu !

Mais rapidement, les vagues nous amènent encore mieux : un équipage français composé de deux coquines petites filles. Eden a l’âge de Véronique alors que Coline est entre Gabrielle et Myriam. Leur maman, Alice, est à la hauteur de son homologue imaginé par Lewis Carroll : charmante, pleine de bonne humeur et d’énergie. C’est la rencontre avec  Suricat (www.levoyagedeSuricat.com), avec qui nous naviguerons jusqu’à notre retour à Georges Town.

La reconnaissance de Yanick au centre de l’ile est presque aussi fructueuse que notre visite à la plage : le centre de l’ile de Norman’s Cay recèle une baie bien abritée des vents d’est et d’ouest. Nous y serons quand même mieux protégés des vents du sud-ouest qui s’annoncent.

D’autres surprises nous attendent au centre de Norman’s Cay. D’abord, il y a la carcasse à fleur d’eau d’un petit avion englouti depuis plusieurs années. On peut aller examiner les débris en apnée.

Ensuite, sur le côté est de la baie, les ruines de la propriété d’un baron de la drogue, capturé finalement par les Américains, nous servent de prétexte pour jouer au pirate ! Avec Coline, Eden et Alice, on se déguise, se maquille et en avant pour la chasse au trésor ! Quelques pierres, quelques sous, quelques perles de verre enfermées dans une bouteille à moitié enterrée font office de trésor très convaincant.

Mais le mieux se trouve sur le côté ouest de la baie : cachée derrière une petite ile se trouve une formidable plage de sable blanc ouverte à la fois sur la baie et l’océan. Côté baie, elle descend tout doucement, sans vagues, c’est parfait pour Ève. Les bernard-l’hermite y abondent, tous comme les coraux et les coquillages. Mais surtout, il n’y a que les copains et nous.

Ce sable blanc et moelleux dans lequel on enfonce jusqu’au-dessus de la cheville me donne les bleus de ce premier hiver passé sans neige en trente-trois ans. Et lorsque personne ne regarde, je suis incapable de résister : je m’y couche de tout mon long pour faire un ange… de sable !

L’ancrage de Norman’s Cay ressemble à une marina du Lac Champlain : les drapeaux canadiens et les bateaux québécois y sont légion ! Si ça a certains avantages, ça représente assurément un inconvénient qui nous rend mi-figue mi-raisin quand l’abruti qui fait jouer sa musique à tue-tête jusqu’aux petites heures du matin écoute du québécois ! « Un homme à la mer pour chaque fille amè-reuu, un homme à la mer pour chaque fille amè-reuu! » (Stefie Shock)

26 mars, Exuma Land and Marine Park (24˚23.046N 76˚37.810W)

Le Parc national des Exumas s’étend sur plusieurs miles nautiques et couvre de nombreuses iles. La pêche sous toutes ses formes y est interdite, à notre grande déception : la saison de la langouste se termine le 1er avril. Yanick et Alice aimeraient bien essayer le joli crustacé sur le BBQ avant cette date fatidique.

Warderick Wells, l’ile où se trouve le quartier général du Parc, nous occupe pendant 2 jours. D’abord, nous en sillonnons le relief vallonné, dont la fameuse Boo Boo Hill au sommet de laquelle sont déposées des morceaux de bois à l’effigie des équipages qui y passent. Certains se sont de toute évidence préparés longtemps d’avance. D’autres (comme nous !) ont suivi l’inspiration du moment et ont péniblement gravé le nom de leur navire au canif. Un petit volatile appelé Bananaquit, sympathique et pimpant, vient partager notre pique-nique. Ensuite, nous profitons des plages et des sites de plongée. Une plage déserte nous sert d’ailleurs pour notre premier repas en commun avec les copains, dans la plus pure tradition du « pot luck ». Escargots à l’ail (merci Claude et Nathalie qui nous ont ramené ce luxe du Québec !), couscous et agneau, délicieux gâteau au soleil couchant, la soirée est une réussite totale ! Et aucun bateau n’a eu à accueillir onze personnes dont 6 enfants à bord, les miettes se sont perdues dans le sable ! (Et le sable dans les assiettes, mais ça, ce n’est que du charme en plus !)

Notre arrivée à Warderick Wells ne s’est tout de même pas déroulée sans anicroche. Lorsque vient le temps d’enrouler le génois, il y a des nœuds dans l’enrouleur. Mea culpa. Je mets les bouchées doubles ces derniers temps pour apprendre à manœuvrer seule le bateau. Ce matin, en sortant le génois, je n’ai pas maintenu assez de tension en déroulant. Aux commandes d’un bateau maintenant à vitesse réduite, je garde le cap pendant que Yanick et Gabrielle travaillent à la poupe.

Nous repartons du Parc national des Exumas le 29 mars, direction plein est, vers l’océan, afin de sortir de la zone de pêche interdite et de courir la chance de se mettre un délice de Neptune sous la dent !

 

Finalement !

(je croyais cet article en ligne depuis la fin mars. Toutes mes excuses, les connections internet sont difficiles ici… )

Depuis plus de deux semaines maintenant, nous sommes dans les Bahamas, ces Bahamas que nous comptions atteindre… pour Noël !

Nos premières journées parmi les iles ont été à l’image de notre voyage : une course folle vers le sud et la ville de Georgestown. Mais finalement, nous avons ralenti et avons repris les Exumas depuis le nord pour en profiter davantage. Et finalement, la séduction opère…

Finalement, nous faisons de la belle voile en famille, au chaud.

Nos problèmes de grand-voile réglés, nous pouvons afin la hisser aisément.  Nous attendons généralement le vent et vogue la galère ! Les filles s’habituent étonnamment rapidement à la gîte, qu’elles connaissaient peu. Moi-même, je deviens doucement une professionnelle de la tambouille angulaire. Quant au mal de mer, il nous quitte tous peu à peu, sauf Ève qui y est abonnée. Mais même pour elle, il se fait plus discret. En outre, nous sommes très satisfaits des performances de Lhasa sous voiles. Avec ses winchs électriques (Aïe, le luxe !) et tous ses cordages ramenés au cockpit, elle est très facile à manœuvrer pour une personne seule.

Finalement, nous avons pris du poisson.

Et bien oui, la pêche a fini par être un peu fructueuse dans les environs de Georgestown : un petit thon de 2.5 kg attrapé grâce au leurre de Gabrielle (délicieux cru !) et un barracuda de 2.75 kg attiré par le leurre de Myriam. Peu habitués au genre de poissons qu’on retrouve par ici, nous avons ramené le barracuda pour vérifier son identité : j’en ai fait des appâts en le laissant dans le sel. Véronique en avait attrapé un la veille, mais nous n’avions pu vérifier son identité : nous n’avions remonté que la tête, ayant été moins rapides qu’un requin qui en a fait trois bouchées sous notre nez. Et hier, j’ai été à deux doigts de remonter une superbe daurade coryphène (dolphinfish ou mahi-mahi) bleu et jaune, mais elle s’est libérée au dernier instant. Poisson d’avril, aurait-elle dit !

Finalement, nous avons vu des dauphins.

Étrangement, nous a-t-on dit, les dauphins ne fréquentent que très peu les Bahamas. Sans doute se tiennent-ils loin des paradis fiscaux et de leurs requins. N’empêche, nous avons pu en admirer quelques-uns qui folâtraient de bon matin dans la baie de Georgestown, au grand plaisir des filles.

Finalement, l’eau douce n’est plus une inquiétude.

Le dessalinisateur fonctionne bien malgré quelques problèmes électriques qu’il nous a fallu régler au début. Malheureusement, nous ne pouvons l’utiliser uniquement avec les batteries : il consomme beaucoup trop d’un coup, nous craignons d’abréger la vie de celles-ci. Aussi l’utilisons-nous de concert avec la génératrice ou le moteur. Ça fait un sacré tapage, mais c’est efficace : plus de 100 L à l’heure !

Finalement, nous avons trouvé un équipage avec des enfants pour cheminer.

Dès notre premier après-midi à la plage à Norman’s Cay au nord des Exumas, une famille française débarque faire notre connaissance. C’est Alice et ses deux petites filles, Coline (presque 6 ans) et Éden (3 ans et demi). Nous ferons aussi la connaissance d’Éric qui partage avec Yanick la caractéristique d’être le seul mâle à bord ! Alice est une femme formidable remplie d’énergie et de bonne humeur. Nous nous lions tout de suite d’amitié. Quittant Tahiti, ils ont acheté un catamaran en Floride et ont fait leurs premières armes maritimes en janvier.  Leur aventure pique la curiosité et les photos d’Éric sont superbes : http://www.levoyagedesuricat.com/

Quant aux filles, elles ne jurent plus que les unes par les autres. S’initiant aux rudiments de la radio, elles s’appellent et échangent des nouvelles :

« Qu’est-ce que vous mangez ce soir ? Et comme dessert ? On va à la plage ? »

Ève arrive même à identifier leur bateau : « Sou-yi-cat ! »

Finalement, nous voyons des oiseaux de mer.

Ils me manquaient ceux-là depuis notre arrivée aux Bahamas. Je mettais pris d’une affection toute particulière pour les pélicans américains. Aussi, ce ciel bleu et perpétuellement désert me déprimait un peu. Heureusement qu’il se livre à une orgie d’étoiles la nuit, alors je lui pardonnais ses journées monotones. Mais ici à Black Point où nous sommes arrivés hier, d’élégantes mouettes blanches à la tête noire sillonnent la nue au-dessus de notre tête. Leur finesse et leur charme m’enchantent.

Finalement, nous utilisons les formidables moustiquaires réalisés par notre amie Sophie.

Cela faisait si longtemps qu’ils dormaient dans un équipet, ces moustiquaires fabriqués avec amour ! Deux jours à servir de sushis à de voraces bestioles m’ont rapidement convaincue de la nécessité de les faire servir. Et tous les soirs, lorsque le soleil descend, je pense à Sophie et à sa fille, Mia Li. De tous les amis dont parlent parfois les filles, Mia Li est sans doute celle qui revient le plus souvent. Assurément, les journées ne sauraient être assez chargés pour nous faire oublier les êtres chers laissés derrière et ce, même si nous donnons peu de nouvelles…

Finalement, j’ai osé essayer de faire du pain.

Le pain ! N’en mangeons-nous pas à toutes les sauces ? Et jusqu’à tout récemment, même si on nous avait dit des merveilles du pain bahaméen, aucune boulangerie aux alentours ! Je me suis donc résolue à essayer la recette de Martine, de Bête féroce, et de tenter le tout pour le tout : faire du pain à pétrissage réduit dans la cocotte-minute. Le résultat m’a rendue ex-ta-tique ! Avec peu de manipulations, une petite heure de cuisson sur le feu (plus économique en propane que le four), j’ai un pain superbe à la mie à la fois tendre et serrée, qui se tient, parfait pour les tartines, les sandwichs, les fringales, alouette ! La miche d’un kilo ne fait pas 24 heures !  Maintenant, il me faudrait la recette de brioches de mon grand-père Desgagnés !

Finalement, nous faisons du tourisme.

Du tourisme ! Près de 6 mois après notre départ, nous passons enfin plus d’une nuit au même endroit sans pourtant y passer plusieurs semaines. Nous prenons le temps de voir, mais aussi de naviguer d’un endroit à l’autre, de pêcher… Bien entendu, ce n’est pas sans une arrière-pensée digne du Lapin dans Alice au Pays des Merveilles : en retard ! En retard ? Pas encore. Mais si nous voulons atteindre une zone exempte d’ouragans pour la fin juin, il est interdit de se prendre les pieds en route !

Finalement, nous avons rattrapé nos amis  Claude et Nathalie.

(Épilogue du dernier article)

Partis avant deux heures du matin le 16 mars, nous les rattraperons finalement à 18 hrs le 19 ! Le plaisir de les embrasser valait bien trois jours de navigation parfois nocturne, sans mettre le pied à terre ! Malheureusement, nous devons les remettre dans un taxi une journée et demie plus tard, le 21 à midi. Les filles sont déçues, mais aussi contentes d’avoir pu les voir un peu.

(À suivre : les hauts et les bas du quotidien bahaméen. J’invite les curieux à lire les aventures partagées avec Suricat en cliquant ici.)

Les Bahamas !

(Article publié par radio à ondes courtes : les photos suivront) 17 mars – Bonne St-Patrick !

Nous y voilà enfin, dans ces Bahamas que nous espérions atteindre pour Noël ! Nous les parcourons cependant au pas de course afin de rattraper nos grands amis, Claude et Nathalie, les parrains d’Ève. Ils y ont loué avec un catamaran pour célébrer les 50 ans de Claude, notre mentor en voile. Si tout se passe bien, nous devrions les rattraper demain.
Si nous les poursuivons ainsi, c’est que, pour cause de fatigue extrême, nous avons manqué deux fenêtres météo qui nous auraient permis de les rejoindre sans tracas.

QUITTER MIAMI

 » Vous êtes en train de vous encrasser à Miami ?! C’est votre voyage, après tout, vous en faites ce que vous voulez !  » Ces quelques mots d’une personne qui m’est très chère me blessent beaucoup.

Effectivement, nous aurons passé au total un peu plus de 6 semaines à Miami. Cependant, loin de nous y  » encrasser « , nous y prenons le temps de vivre. Ne serait-ce qu’organiser l’école pour toute ma troupe se révèle un défi de taille que j’arrive ici enfin à relever. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Mi-Février. Il me semble que nous sommes prêts à partir. Toutefois, ce n’est pas l’avis de Yanick. En mon for intérieur, je pense qu’il sent une certaine pression à quitter l’Amérique du Nord, sachant que les matériaux pour améliorer et réparer Lhasa se feront rares lors de la suite du voyage. C’est une appréhension que je peux comprendre et respecter. Lorsqu’il jugera le bateau prêt, nous pourrons partir.

Mi-février, c’est aussi le Miami Boat Show, le plus grand salon du bateau d’Amérique du Nord. Moi qui croyais que celui-ci avait lieu à Annapolis, on m’informe poliment, mais fermement, que j’ai tort. Yanick, qui a l’occasion d’y aller deux fois, peut confirmer. Ici, le Salon du bateau prend les allures de Miami, ville de vice et de séduction. Il semble donc que le spectacle dépasse les simples installations marines.

DERNIÈRES AMÉLIORATIONS

Cela dit, Yanick en profite pour nous magasiner une nouvelle ancre. Nous avions déjà tenté de changer notre Delta de 45 livres(1) à Jacksonville, mais la Mantus commandée n’entrait pas sur le guindeau à cause du balcon avant. Cette fois, Yanick jette son dévolu sur la Manson Boss, un nouveau modèle qui ne comporte pas d’arche comme la Mantus, de la Rocna ou de la Manson Supreme. Le Salon du bateau nous permet de la négocier à un bon prix.
Lorsqu’elle nous arrive, nous passons deux fois la journée à l’épaule avec notre voisin pour l’installer et y fixer chaine et câblot. Enfin, nous avons un mouillage à la hauteur de nos ambitions ! (Et un second mouillage tout à fait acceptable.)

En outre, il nous manque guides et cartes marines pour continuer notre périple. Yanick part donc en expédition vers Fort Lauderdale, puisqu’il s’avère que Miami n’a pas de librairie de cartes digne de ce nom.

Après de longues heures passées à travailler sur notre grand-voile neuve, tâchant de figurer comment l’adapter à notre gréement, Yanick déclare forfait et contacte une fois de plus North Sails dans l’espoir d’avoir des réponses acceptables. Miracle ! Cette fois, il se fait entendre et les choses déboulent, grâce à l’entremise du représentant de North Sails France. Effectivement, notre grand-voile a été mal taillée, son deuxième ris ne s’ajuste pas à l’espace disponible dans la baume. Le représentant de North Sails à Fort Lauderdale vient voir les choses de visu et, après avoir constaté que nous ne sommes pas des nuls qui cherchent à faire des problèmes, consent à desserrer les dents et à nous parler, prend la voile pour une petite semaine et fait les ajustements nécessaires.

Nous nous construisons également une porte solide en lexan verrouillant de l’intérieur et visant à prévenir les intrusions indésirables pendant la nuit.

Enfin, Yanick se jette à corps perdu dans une recherche pour arriver à trouver les pièces et les outils qui manquent encore pour terminer le dessalinisateur. Cela fait, il a encore besoin de plusieurs longues journées pendant lesquelles nous disparaissons les filles et moi pour lui laisser la voie libre, mais enfin, ça fonctionne !  » L’eau de Papa  » devient la boisson la plus populaire à bord !

Lorsqu’enfin ces projets sont complétés, Yanick se déclare prêt à partir. Mais il est exténué, ayant travaillé d’arrache-pied, souvent jusqu’aux petites heures du matin. Et le bateau n’est pas prêt : jonché d’outils, de jouets, de matériel divers, il a encore besoin d’amour. Nous retardons donc notre départ de quelques jours. Ce faisant, la mort dans l’âme, nous manquons le rendez-vous initial fixé avec Claude et Nathalie.

LE TEMPS PASSE VITE EN BONNE COMPAGNIE

Notre séjour à Miami est également marqué de belles rencontres.

D’abord et avant tout, il y a ces voiliers avec qui nous tissons des liens d’amitié : Yves, un Saguenéen fort sympathique embarqué sur Pierre Hélène, un bateau dont la légende dit merveille. Croisé à Fort Lauderdale, revu à Miami, il nous livre tous ses secrets de pêche. Nous regretterons de ne l’avoir que croisé lors de ces deux reprises.

Dominique, l’artiste-peintre, et sa compagne, sur l’Athenor IV, de grands bourlingueurs qui auraient croisé l’étrave de la V’limeuse dans le temps, nous offrent leurs meilleurs trucs. Dominique partage avec nous son expérience de pêcheur de thon dans le Golfe de Gascogne, entre autre son appréciation pour la garcette, que nous adoptons. Il est possible de voir les belles aquarelles de Dominique en visitant le http://www.domorochefort.com

Impossible de taire l’arrivée de Bête féroce (2), immatriculée à Rimouski. Envoyés dans  » notre cour  » (dixit Yanick, un peu territorial parfois) par Yves, de Pierre Hélène, nous sommes tout de suite conquis par leur charme à tous : Martin et Martine, le capitaine du navire et celle des émotions, mais aussi leur fils Laurent. Celui-ci, nommé en l’honneur du fleuve, mignon et sympathique du haut de ses 11 ans, ravit le cur des filles. Très vite, il offre à Gabrielle des cours de dessin auxquels elle assiste assidûment. Martine et moi échangeons des livres : elle m’offre La liste de mes envies de Grégoire Delacourt que je dévore en deux jours, je lui cède Soie, de Barrico. (Pour en savoir plus sur leur périple, http://www.beteferoce.blogspot.ca)

Enfin, à la veille de l’ouverture du Salon du bateau, nous recevons un appel inattendu. C’est Jim, rencontré à Jacksonville, qui fait maintenant route en solitaire vers Miami. Quelques heures plus tard, le voilà ancré à nos côtés. Très vite, il se révèlera aussi disponible que serviable, polyvalent et adoré des filles. Pendant le mois où il sera notre voisin, il mettra régulièrement de côté ses projets pour aider aux nôtres et se méritera peu à peu une véritable place dans notre famille. Aussi, s’il avait une boule dans la gorge en larguant nos amarres à Jacksonville, lorsque son annexe s’éloigne de notre bateau prêt à prendre le large, son sourire contagieux est disparu depuis longtemps.

Nous avons également la chance de côtoyer à quelques reprises une famille qui habite au bord de Sunset Lake, dans une impressionnante maison dont la salle à manger est presque aussi grande que notre appartement montréalais. Sabrina (6 ans) et Annabella (8 ans), ainsi que leur mère Robin, nous offrent de profiter de leurs jouets et de leur piscine, et les filles viennent à quelques reprises faire un tour sur le bateau. En outre, lors d’un arrêt dans un parc en route vers de courses, nous rencontrons Sofia (2 ans) et sa maman Anerys qui nous convient à nous joindre à elles pour un gueuleton de fin de semaine. Anerys, originaire de la République Dominicaine, cuisine divinement et son époux, Blaine, est sympathique. Nous passons une très belle journée en leur compagnie.

À TRAVERS LE GULF STREAM

Cependant, malgré ces belles rencontres, le rendez-vous avec Claude et Nathalie, prévu depuis longtemps, nous hante. Voilà pourquoi nous profitons d’une demi-fenêtre météo qui s’ouvre pour nous lancer à leur poursuite à travers les eaux du Gulf Stream, puis celles, turquoise et transparentes, des Bahamas.

Nous naviguerons pendant une quarantaine d’heures, avec une seule petite pause pour accomplir les formalités douanière sur l’ile de Bimini, avant d’arrêter enfin pour la nuit à Norman Cay. Cette fois, sur les trois quarts de nuit, j’en fais deux. Comme la serveuse automate de Starmania,  » ça m’laisse tout mon temps pour rêver « .

Yanick, dans ces eaux paradisiaques, se sent enfin en vacances :  » J’ai l’impression que notre voyage commence !  »

Quant à moi, l’arrivée dans les Bahamas me déçoit : décrites comme le paradis de la pêche, les eaux laissent cependant mes deux lignes désespérément vides. Moi qui pensais me retrouver en pleine pisciculture, me voilà le bec à l’eau. Ce soir, nous mangeons des pâtes

Même si ça ne me ressemble pas, j’ai Lamartine en tête et je préférais les vagues bleu métallique de la baie de Chesapeake. Ces eaux de carte postale me semblent désespérément vides : pas de dauphins, pas d’oiseaux, pas de prises et aucune trace de Claude et Nathalie ! Le paysage est superbe et désert, comme ces beautés plastifiées qui n’ont aucune conversation. Les aficionados des Bahamas me reprocheront ici – avec raison – un jugement à l’emporte-pièce : fatiguée, n’ayant pas même mis le pied à terre une seule fois, sans avoir fait de plongée, je suis de toute évidence passée à côté de la chose. N’empêche qu’il s’agit bel et bien de ma première impression des lieux.

Je sais bien cependant que les prochains jours me feront changer d’idée. À suivre.

(1) Habituellement, il est recommandé que l’ancre soit proportionnelle à la longueur du bateau : une livre au pied. Comme Lhasa fait 49 pieds, notre ancre de 45 livres est un peu juste et nous chassons régulièrement.

(2) Sous des dehors menaçants, Bête féroce est en fait nommée en l’honneur du dessin animé  » Marguerite et la Bête féroce  » dans lequel la  » bête  » serait une sorte d’hippopotame sympathique à pois (Marguerite, c’est l’annexe !)

Les bons et les moins bons côtés..

J’emprunte sans scrupule au blogue de Sylvain et de Sounda (jayana.ca) un article sur les moins bons côtés de la vie à bord. Merci à Sounda et bonne lecture !

Tel que promis: les irritants….

Le festival de pêche d’Argungu (Nigéria)

Disons-le d’ores et déjà: pour moi, le voyage est une drogue. Aussi, lorsque j’ai quelques minutes à moi, j’aime feuilleter des livres de voyage en rêvant à une éventuelle destination encore plus exotique que celles qui nous attendent dans les prochains mois.

Ainsi j’apprends qu’en février, outre le formidable Festival de Venise, a lieu un beaucoup moins glamour, mais tout aussi intéressant  grand festival de pêche au Nigeria, dans la région d’Argungu (au nord-ouest du pays). À l’origine (1934), ce festival et les compétitions qu’il comporte faisait partie d’un processus de paix entre les peuples d’Argungu et de Sokoto.

Aujourd’hui, ce festival de trois jours culmine dans le fleuve boueux et opaque de Malan Fada. Pendant une heure, des équipes de deux, armés seulement d’épuisettes et de calebasses (bref, d’instruments traditionnels, quoique plusieurs préfèrent encore pêcher à mains nues, question de montrer leur puissance), plongent pour attraper le plus gros poisson possible. Ils peuvent être jusqu’à 35 000 plongeurs en même temps ! Mais le prix en vaut la chandelle : environ 8000$US et un minibus !

Aussi les poissons sont-ils de taille conséquente : rarement les bêtes gagnantes font-elles moins de 50 kg, atteignant parfois les 80 kg !

Si mon guide précise qu’il s’agit d’un des événements les plus inusités qui soit donné à un voyageur de voir, celui-ci est menacé par la sécheresse et annulé si les eaux du fleuve sont trop basses. En outre, on trouve peu à se loger à moins de… 100 km des événements ! Qui est partant ?

It’s perfect !

It’s perfect !, c’est le nom d’un voilier texan que nous avons retrouvé ici, à Miami. Comme le monde de la plaisance est petit, que la plupart va dans la même direction et que les équipages comme le nôtre ne courent pas les rues, il s’avèrent qu’ils étaient aussi nos voisins à St-Augustine.

Voici donc ce qu’ils disent de nous sur leur blogue. C’est très flatteur, mais assez éloigné de la réalité ! En effet, les filles bougent beaucoup moins qu’ils le disent (ça leur arrive de dormir !) et nous sommes loin d’avoir une patience exceptionnelle pour leurs frasques… 😉

L’anniversaire de Myriam

Pour Clara, Mia Li, Anirose, Romane et toutes les copines qui n’ont pas pu être des nôtres cette année.

Le 30 janvier dernier, c’était l’anniversaire de Myriam.

Avoir cinq ans sur un voilier, ce n’est pas rien. On fait nos premiers quarts derrière la barre, on apprend à conduire l’annexe, on pêche notre premier poisson et on essaie toujours d’attrapper notre premier crabe !

Voici quelques photos de l’anniversaire de Mimi, passé avec mes parents au Flamingo Garden de Fort Lauderdale. Ce Jardin n’est pas un zoo, mais un centre de sauvetage. Les animaux qui y sont amenés ont été blessés et tout semble-t-il est mis en oeuvre pour les remettre en liberté. Ceux qu’il est impossible de confier à la nature sont gardés et montrés au public à des fins de sensibilisation.(1)

De toute la visite, ce qui marque le plus les parents, c’est un arbre à caramboles chargé de fruits. Spectaculaire et… appétissant !

Après une visite au magasin de pêche,

DSC_0469c’est la fête ! Mes parents ont ramené de Chine des robes roses avec tulle et froufrous dont les filles raffolent immédiatement. On parade et puis on se délecte d’un superbe gâteau au chocolat. Merci à mes parents pour cette formidable journée !

(1) Voilà exactement le rêve de Gabrielle: sauver les animaux, de préférence ceux en voie de disparition. Elle planifie déjà son avion nolisé et son pétrolier transformé afin d’arriver à ses fins le plus efficacement possible. Soyez avisés: si votre chambre n’Est pas déjà prévue dans le pétrolier, vous dormirez au salon ! C’est d’ailleurs le cas de ses soeurs… Qui est partant ?

Miami: Home sweet home

(Article envoyé par courriel)

C’est avec l’agréable sentiment d’être revenu chez nous que nous jetons l’ancre dans Sunset Lake, à Miami Beach.

Nous y sommes effectivement revenus, dans la mesure où nous avions quitté ce mouillage près de deux semaines plus tôt pour aller rejoindre mes parents à Fort Lauderdale, où ils avaient loué une chambre dans un motel. Mes parents partis, nous nous sommes empressés d’y revenir. Outre un parc aménagé avec des jeux pour enfants et un supermarché tout près, ce qui constituent toujours des atouts fort appréciés, mais que nous avions la chance d’avoir aussi à Fort Lauderdale (Middle river), nous avons internet au bateau, offert par la municipalité. L’eau verte qui nous entoure est parfaitement baignable, ce qui offre non seulement une belle occasion aux filles d’apprivoiser l’eau salée, mais permet également le savonnage en règle quotidien. Tous les jours, des perroquets verts traversent le ciel, criards et discordants, impossibles à confondre.

Nous sommes seuls au nord du lac artificiel, ultra protégé par des iles privées tout aussi artificielles. Inutile de dire que les demeures riveraines sont inimaginablement luxueuses, les plus belles me rappelant la chanson de Jacques Brel « avec des tas de fenêtres, avec presque pas de murs ».

Cela sans parler de la température. Nous avons croisé une équipe de tournage britannique venue prendre des photos et des vidéos d’un bateau d’une soixantaine d’années. Tout le bataclan avait été amené ici plutôt qu’au bord de la Méditerranée parce qu’à ce temps-ci de l’année, « on n’a pas de mauvaise surprise à Miami, le soleil est assuré ». C’est dire. Nous avons cependant eu une belle ondée le jour de notre retour. Nous en avons profité pour brosser le pont de fond en comble et récolter un peu de cette manne douce tombée du ciel, question de faire la lessive ou la vaisselle. Nous avons même u le temps de nous doucher copieusement, savon en main. Quand j’écris que nous sommes dans un mouillage de luxe, en voici bien la preuve ! 😉

Miami, l’alter ego

Et puis, il y a la ville de Miami. Nous ne l’avons pas encore visitée beaucoup, occupés à faire de menus travaux sur le bateau, à mettre en place une routine d’école, à se baigner, etc. Mais le peu que nous en avons vu me donne le goût d’en connaitre davantage. D’abord, il y a le bilinguisme. Ici, tout le monde (semble-t-il) parle anglais et espagnol. Ça semble aussi naturel qu’obligé (paradoxalement !). Je trouve ça épatant !

De plus, il y a les différents quartiers : Little Havana, Little Haïti… Nous avons rapidement traversé Little Haïti. Pas très rassurant : des barreaux aux fenêtres et aux portes, pas d’enfants dans les rues, mais des poules et des coqs dans les venelles secondaires. Myriam a longuement cherché à en attraper un, question de le mettre en broche et d’y mettre la dent ! Ma fille a un certain instinct de chasseresse ! ( Une anecdote au passage : puisque Myriam me casse les oreilles depuis plusieurs jours déjà pour pêcher du bateau – nous n’Avons pas de permis de pêche – j’ai sorti le filet à lancer ce soir. Il faut savoir que, si lancer cette jolie dentelle semble facile lorsqu’on voit un professionnel à l’œuvre, c’est un sacré défi pour les débutants ! Bref, après avoir montré à quelques reprises à Myriam, je l’aide à s’installer et la laisse tenter sa chance : PLOUF ! J’ignore comment elle s’y est prise exactement, mais voilà Myriam à l’eau alors que le filet est resté sur le bateau ! D’abord un peu choquée par la chute inattendue, sa bonne nature s’est vite mise à rire lorsque je lui fais remarquer qu’un peu plus et elle attrapait des poissons à mains nues !)

Miami, disais-je, c’est aussi différents quartiers, dont Little Haïti. Dans la même journée, trois personnes, caucasiennes, je le précise, nous avertissent qu’il faut éviter de s’y rendre ou qu’il faut y faire très très attention. Mais nous devons nous y rendre pour affaires : le commerce duquel nous achetons nos nouvelles batteries s’y loge, de même qu’un super magasin d’équipement de pêche. Au final, nous avons visité Little Haïti deux fois. Et s’il est vrai que nous y avons vu fort peu de caucasiens, jamais nous ne nous sommes sentis menacés ou même déplacés. Les filles mettent des sourires sur les visages, on nous parle toujours à propos de ceci ou de cela, certains sont étonnés et ravis de nous entendre parler français, notamment. Dans un autobus surchargé, une dame très obèse à la peau café prend spontanément Myriam sur ses genoux. Comme Myriam n’y voit aucun problème, je laisse la situation ainsi. Deux minutes plus tard, Mimi est affalée de tout son long sur la dame comme sur un canapé, sa tête moelleusement déposée sur la poitrine abondante de la dame qui sourit. « Ouf, j’ai failli m’endormir, Maman, c’était comme dans un lit ! », s’exclame Mimi en sortant du bus. Bref, aucune mauvaise expérience. D’où nous suspectons les habitants de Miami d’un certain racisme quant aux gens de couleur. Mais ça reste une hypothèse. Peut-être effectivement avons-nous eu une chance inouïe. De toute façon, à moins d’y être obligés, nous n’y retournerons pas.

Reste Little Havana, de laquelle personne ne nous a menacé. J’ai bien hâte d’aller y mettre le nez.

Il y a donc à Miami quelque chose qui me la fait paraître comme l’alter ego de Montréal (ai-je déjà écrit à quel point j’aimais Montréal ?).

À venir…

Nous comptons rester ici encore quelques jours, le temps de finir un avitaillement monstre avant les Bahamas, de visiter un peu plus la ville et d’acheter quelques trucs qui nous manquent : Yanick est travaillé par l’idée d’une nouvelle ancre, plus lourde et de meilleure tenue, il nous manque aussi des cartes nautiques pour les Caraïbes et l’Amérique du Sud. Je consulte les annonces classées et ebay, on ne sait jamais !