Finalement !

(je croyais cet article en ligne depuis la fin mars. Toutes mes excuses, les connections internet sont difficiles ici… )

Depuis plus de deux semaines maintenant, nous sommes dans les Bahamas, ces Bahamas que nous comptions atteindre… pour Noël !

Nos premières journées parmi les iles ont été à l’image de notre voyage : une course folle vers le sud et la ville de Georgestown. Mais finalement, nous avons ralenti et avons repris les Exumas depuis le nord pour en profiter davantage. Et finalement, la séduction opère…

Finalement, nous faisons de la belle voile en famille, au chaud.

Nos problèmes de grand-voile réglés, nous pouvons afin la hisser aisément.  Nous attendons généralement le vent et vogue la galère ! Les filles s’habituent étonnamment rapidement à la gîte, qu’elles connaissaient peu. Moi-même, je deviens doucement une professionnelle de la tambouille angulaire. Quant au mal de mer, il nous quitte tous peu à peu, sauf Ève qui y est abonnée. Mais même pour elle, il se fait plus discret. En outre, nous sommes très satisfaits des performances de Lhasa sous voiles. Avec ses winchs électriques (Aïe, le luxe !) et tous ses cordages ramenés au cockpit, elle est très facile à manœuvrer pour une personne seule.

Finalement, nous avons pris du poisson.

Et bien oui, la pêche a fini par être un peu fructueuse dans les environs de Georgestown : un petit thon de 2.5 kg attrapé grâce au leurre de Gabrielle (délicieux cru !) et un barracuda de 2.75 kg attiré par le leurre de Myriam. Peu habitués au genre de poissons qu’on retrouve par ici, nous avons ramené le barracuda pour vérifier son identité : j’en ai fait des appâts en le laissant dans le sel. Véronique en avait attrapé un la veille, mais nous n’avions pu vérifier son identité : nous n’avions remonté que la tête, ayant été moins rapides qu’un requin qui en a fait trois bouchées sous notre nez. Et hier, j’ai été à deux doigts de remonter une superbe daurade coryphène (dolphinfish ou mahi-mahi) bleu et jaune, mais elle s’est libérée au dernier instant. Poisson d’avril, aurait-elle dit !

Finalement, nous avons vu des dauphins.

Étrangement, nous a-t-on dit, les dauphins ne fréquentent que très peu les Bahamas. Sans doute se tiennent-ils loin des paradis fiscaux et de leurs requins. N’empêche, nous avons pu en admirer quelques-uns qui folâtraient de bon matin dans la baie de Georgestown, au grand plaisir des filles.

Finalement, l’eau douce n’est plus une inquiétude.

Le dessalinisateur fonctionne bien malgré quelques problèmes électriques qu’il nous a fallu régler au début. Malheureusement, nous ne pouvons l’utiliser uniquement avec les batteries : il consomme beaucoup trop d’un coup, nous craignons d’abréger la vie de celles-ci. Aussi l’utilisons-nous de concert avec la génératrice ou le moteur. Ça fait un sacré tapage, mais c’est efficace : plus de 100 L à l’heure !

Finalement, nous avons trouvé un équipage avec des enfants pour cheminer.

Dès notre premier après-midi à la plage à Norman’s Cay au nord des Exumas, une famille française débarque faire notre connaissance. C’est Alice et ses deux petites filles, Coline (presque 6 ans) et Éden (3 ans et demi). Nous ferons aussi la connaissance d’Éric qui partage avec Yanick la caractéristique d’être le seul mâle à bord ! Alice est une femme formidable remplie d’énergie et de bonne humeur. Nous nous lions tout de suite d’amitié. Quittant Tahiti, ils ont acheté un catamaran en Floride et ont fait leurs premières armes maritimes en janvier.  Leur aventure pique la curiosité et les photos d’Éric sont superbes : http://www.levoyagedesuricat.com/

Quant aux filles, elles ne jurent plus que les unes par les autres. S’initiant aux rudiments de la radio, elles s’appellent et échangent des nouvelles :

« Qu’est-ce que vous mangez ce soir ? Et comme dessert ? On va à la plage ? »

Ève arrive même à identifier leur bateau : « Sou-yi-cat ! »

Finalement, nous voyons des oiseaux de mer.

Ils me manquaient ceux-là depuis notre arrivée aux Bahamas. Je mettais pris d’une affection toute particulière pour les pélicans américains. Aussi, ce ciel bleu et perpétuellement désert me déprimait un peu. Heureusement qu’il se livre à une orgie d’étoiles la nuit, alors je lui pardonnais ses journées monotones. Mais ici à Black Point où nous sommes arrivés hier, d’élégantes mouettes blanches à la tête noire sillonnent la nue au-dessus de notre tête. Leur finesse et leur charme m’enchantent.

Finalement, nous utilisons les formidables moustiquaires réalisés par notre amie Sophie.

Cela faisait si longtemps qu’ils dormaient dans un équipet, ces moustiquaires fabriqués avec amour ! Deux jours à servir de sushis à de voraces bestioles m’ont rapidement convaincue de la nécessité de les faire servir. Et tous les soirs, lorsque le soleil descend, je pense à Sophie et à sa fille, Mia Li. De tous les amis dont parlent parfois les filles, Mia Li est sans doute celle qui revient le plus souvent. Assurément, les journées ne sauraient être assez chargés pour nous faire oublier les êtres chers laissés derrière et ce, même si nous donnons peu de nouvelles…

Finalement, j’ai osé essayer de faire du pain.

Le pain ! N’en mangeons-nous pas à toutes les sauces ? Et jusqu’à tout récemment, même si on nous avait dit des merveilles du pain bahaméen, aucune boulangerie aux alentours ! Je me suis donc résolue à essayer la recette de Martine, de Bête féroce, et de tenter le tout pour le tout : faire du pain à pétrissage réduit dans la cocotte-minute. Le résultat m’a rendue ex-ta-tique ! Avec peu de manipulations, une petite heure de cuisson sur le feu (plus économique en propane que le four), j’ai un pain superbe à la mie à la fois tendre et serrée, qui se tient, parfait pour les tartines, les sandwichs, les fringales, alouette ! La miche d’un kilo ne fait pas 24 heures !  Maintenant, il me faudrait la recette de brioches de mon grand-père Desgagnés !

Finalement, nous faisons du tourisme.

Du tourisme ! Près de 6 mois après notre départ, nous passons enfin plus d’une nuit au même endroit sans pourtant y passer plusieurs semaines. Nous prenons le temps de voir, mais aussi de naviguer d’un endroit à l’autre, de pêcher… Bien entendu, ce n’est pas sans une arrière-pensée digne du Lapin dans Alice au Pays des Merveilles : en retard ! En retard ? Pas encore. Mais si nous voulons atteindre une zone exempte d’ouragans pour la fin juin, il est interdit de se prendre les pieds en route !

Finalement, nous avons rattrapé nos amis  Claude et Nathalie.

(Épilogue du dernier article)

Partis avant deux heures du matin le 16 mars, nous les rattraperons finalement à 18 hrs le 19 ! Le plaisir de les embrasser valait bien trois jours de navigation parfois nocturne, sans mettre le pied à terre ! Malheureusement, nous devons les remettre dans un taxi une journée et demie plus tard, le 21 à midi. Les filles sont déçues, mais aussi contentes d’avoir pu les voir un peu.

(À suivre : les hauts et les bas du quotidien bahaméen. J’invite les curieux à lire les aventures partagées avec Suricat en cliquant ici.)

8 réponses à “Finalement !

  1. Catherine, j’adore te lire et je déguste toutes vos nouvelles au fur et à mesure. BON VOYAGE!!

  2. Daniele Simpson

    Bravo Catherine ! Tout ça est passionnant à lire.

    Daniele Simpson Envoyé de mon iPhone

  3. Profitez en bien les amours. On vous suit tant que possible…
    Aux plaisirs
    Clo, Ted et compagnie…

  4. Super chouette : de vos nouvelles ce matin… Bravo aux filles pour les belles prises de pêches, et à toi Catherine pour le pain à la cocotte-minute (je n’y aurais jamais pensé) qui nous impressionnent beaucoup. Chez nous, en Suède, nous sommes aussi dans l’eau… de la neige qui commence à fondre (finalement 😉 !), et qui offrent à William de belles pataugeoires où apprendre à nager !
    Nous vous embrassons tous très très fort.

  5. enfin des nouvelles! je pensais que le soleil vous avait tout fait oublier! Si tu veux, je t’envoie une recette de banique… dans un caquelon rempli de cendres, le tout couvert de tisons, c’est ben bon! Pas pour des tartines, mais trempé dans la soupe, dans la sauce, dans le bouillon… à gruger par temps de faim, etc.!
    Grosses bises printanières!
    Julie

  6. Christian Nolet

    Je n’écris pas souvent, mais je vous suis, je vous suis… on est tout un banc de thons familiers (à ne pas confondre avec les thons zironiques) à vous suivre!

  7. avec 100L a l’heure d’eau douce produite, marilyne demande si on peut acheter des tokens pour prendre la douche,, nous devrions vous voir a trinidad ou on va laisser le bateau 3 mois.

  8. Véronique Duchateau

    Bonjour, la p’tite famille. Je ne vous avais pas lu depuis un moment, et je me suis évadée en rattrapant mon retard, le temps s’est arrêté, et ça fait du bien.
    Quel voyage incroyable! La pêche, être vraiment en famille non stop, les rencontres, les paysages, les animaux. C’est une enfance hors du commun pour les filles. Comme si vous réalisiez un rêve « impossible » enfouis surement en chacun.
    Moi j’ai commencé un nouveau poste aux urgences pédiatriques qui me passionne, Swann s’éclate à l’école et va fêter ses 4 ans fin mai en Corse et Yo fait toujours ses affiches de spectacle. Je vous embrasse fort tous les 6 du fond de mon appartement parisien.
    PS: Super les photos de vos copains!!

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