Les Bahamas !

(Article publié par radio à ondes courtes : les photos suivront) 17 mars – Bonne St-Patrick !

Nous y voilà enfin, dans ces Bahamas que nous espérions atteindre pour Noël ! Nous les parcourons cependant au pas de course afin de rattraper nos grands amis, Claude et Nathalie, les parrains d’Ève. Ils y ont loué avec un catamaran pour célébrer les 50 ans de Claude, notre mentor en voile. Si tout se passe bien, nous devrions les rattraper demain.
Si nous les poursuivons ainsi, c’est que, pour cause de fatigue extrême, nous avons manqué deux fenêtres météo qui nous auraient permis de les rejoindre sans tracas.

QUITTER MIAMI

 » Vous êtes en train de vous encrasser à Miami ?! C’est votre voyage, après tout, vous en faites ce que vous voulez !  » Ces quelques mots d’une personne qui m’est très chère me blessent beaucoup.

Effectivement, nous aurons passé au total un peu plus de 6 semaines à Miami. Cependant, loin de nous y  » encrasser « , nous y prenons le temps de vivre. Ne serait-ce qu’organiser l’école pour toute ma troupe se révèle un défi de taille que j’arrive ici enfin à relever. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Mi-Février. Il me semble que nous sommes prêts à partir. Toutefois, ce n’est pas l’avis de Yanick. En mon for intérieur, je pense qu’il sent une certaine pression à quitter l’Amérique du Nord, sachant que les matériaux pour améliorer et réparer Lhasa se feront rares lors de la suite du voyage. C’est une appréhension que je peux comprendre et respecter. Lorsqu’il jugera le bateau prêt, nous pourrons partir.

Mi-février, c’est aussi le Miami Boat Show, le plus grand salon du bateau d’Amérique du Nord. Moi qui croyais que celui-ci avait lieu à Annapolis, on m’informe poliment, mais fermement, que j’ai tort. Yanick, qui a l’occasion d’y aller deux fois, peut confirmer. Ici, le Salon du bateau prend les allures de Miami, ville de vice et de séduction. Il semble donc que le spectacle dépasse les simples installations marines.

DERNIÈRES AMÉLIORATIONS

Cela dit, Yanick en profite pour nous magasiner une nouvelle ancre. Nous avions déjà tenté de changer notre Delta de 45 livres(1) à Jacksonville, mais la Mantus commandée n’entrait pas sur le guindeau à cause du balcon avant. Cette fois, Yanick jette son dévolu sur la Manson Boss, un nouveau modèle qui ne comporte pas d’arche comme la Mantus, de la Rocna ou de la Manson Supreme. Le Salon du bateau nous permet de la négocier à un bon prix.
Lorsqu’elle nous arrive, nous passons deux fois la journée à l’épaule avec notre voisin pour l’installer et y fixer chaine et câblot. Enfin, nous avons un mouillage à la hauteur de nos ambitions ! (Et un second mouillage tout à fait acceptable.)

En outre, il nous manque guides et cartes marines pour continuer notre périple. Yanick part donc en expédition vers Fort Lauderdale, puisqu’il s’avère que Miami n’a pas de librairie de cartes digne de ce nom.

Après de longues heures passées à travailler sur notre grand-voile neuve, tâchant de figurer comment l’adapter à notre gréement, Yanick déclare forfait et contacte une fois de plus North Sails dans l’espoir d’avoir des réponses acceptables. Miracle ! Cette fois, il se fait entendre et les choses déboulent, grâce à l’entremise du représentant de North Sails France. Effectivement, notre grand-voile a été mal taillée, son deuxième ris ne s’ajuste pas à l’espace disponible dans la baume. Le représentant de North Sails à Fort Lauderdale vient voir les choses de visu et, après avoir constaté que nous ne sommes pas des nuls qui cherchent à faire des problèmes, consent à desserrer les dents et à nous parler, prend la voile pour une petite semaine et fait les ajustements nécessaires.

Nous nous construisons également une porte solide en lexan verrouillant de l’intérieur et visant à prévenir les intrusions indésirables pendant la nuit.

Enfin, Yanick se jette à corps perdu dans une recherche pour arriver à trouver les pièces et les outils qui manquent encore pour terminer le dessalinisateur. Cela fait, il a encore besoin de plusieurs longues journées pendant lesquelles nous disparaissons les filles et moi pour lui laisser la voie libre, mais enfin, ça fonctionne !  » L’eau de Papa  » devient la boisson la plus populaire à bord !

Lorsqu’enfin ces projets sont complétés, Yanick se déclare prêt à partir. Mais il est exténué, ayant travaillé d’arrache-pied, souvent jusqu’aux petites heures du matin. Et le bateau n’est pas prêt : jonché d’outils, de jouets, de matériel divers, il a encore besoin d’amour. Nous retardons donc notre départ de quelques jours. Ce faisant, la mort dans l’âme, nous manquons le rendez-vous initial fixé avec Claude et Nathalie.

LE TEMPS PASSE VITE EN BONNE COMPAGNIE

Notre séjour à Miami est également marqué de belles rencontres.

D’abord et avant tout, il y a ces voiliers avec qui nous tissons des liens d’amitié : Yves, un Saguenéen fort sympathique embarqué sur Pierre Hélène, un bateau dont la légende dit merveille. Croisé à Fort Lauderdale, revu à Miami, il nous livre tous ses secrets de pêche. Nous regretterons de ne l’avoir que croisé lors de ces deux reprises.

Dominique, l’artiste-peintre, et sa compagne, sur l’Athenor IV, de grands bourlingueurs qui auraient croisé l’étrave de la V’limeuse dans le temps, nous offrent leurs meilleurs trucs. Dominique partage avec nous son expérience de pêcheur de thon dans le Golfe de Gascogne, entre autre son appréciation pour la garcette, que nous adoptons. Il est possible de voir les belles aquarelles de Dominique en visitant le http://www.domorochefort.com

Impossible de taire l’arrivée de Bête féroce (2), immatriculée à Rimouski. Envoyés dans  » notre cour  » (dixit Yanick, un peu territorial parfois) par Yves, de Pierre Hélène, nous sommes tout de suite conquis par leur charme à tous : Martin et Martine, le capitaine du navire et celle des émotions, mais aussi leur fils Laurent. Celui-ci, nommé en l’honneur du fleuve, mignon et sympathique du haut de ses 11 ans, ravit le cur des filles. Très vite, il offre à Gabrielle des cours de dessin auxquels elle assiste assidûment. Martine et moi échangeons des livres : elle m’offre La liste de mes envies de Grégoire Delacourt que je dévore en deux jours, je lui cède Soie, de Barrico. (Pour en savoir plus sur leur périple, http://www.beteferoce.blogspot.ca)

Enfin, à la veille de l’ouverture du Salon du bateau, nous recevons un appel inattendu. C’est Jim, rencontré à Jacksonville, qui fait maintenant route en solitaire vers Miami. Quelques heures plus tard, le voilà ancré à nos côtés. Très vite, il se révèlera aussi disponible que serviable, polyvalent et adoré des filles. Pendant le mois où il sera notre voisin, il mettra régulièrement de côté ses projets pour aider aux nôtres et se méritera peu à peu une véritable place dans notre famille. Aussi, s’il avait une boule dans la gorge en larguant nos amarres à Jacksonville, lorsque son annexe s’éloigne de notre bateau prêt à prendre le large, son sourire contagieux est disparu depuis longtemps.

Nous avons également la chance de côtoyer à quelques reprises une famille qui habite au bord de Sunset Lake, dans une impressionnante maison dont la salle à manger est presque aussi grande que notre appartement montréalais. Sabrina (6 ans) et Annabella (8 ans), ainsi que leur mère Robin, nous offrent de profiter de leurs jouets et de leur piscine, et les filles viennent à quelques reprises faire un tour sur le bateau. En outre, lors d’un arrêt dans un parc en route vers de courses, nous rencontrons Sofia (2 ans) et sa maman Anerys qui nous convient à nous joindre à elles pour un gueuleton de fin de semaine. Anerys, originaire de la République Dominicaine, cuisine divinement et son époux, Blaine, est sympathique. Nous passons une très belle journée en leur compagnie.

À TRAVERS LE GULF STREAM

Cependant, malgré ces belles rencontres, le rendez-vous avec Claude et Nathalie, prévu depuis longtemps, nous hante. Voilà pourquoi nous profitons d’une demi-fenêtre météo qui s’ouvre pour nous lancer à leur poursuite à travers les eaux du Gulf Stream, puis celles, turquoise et transparentes, des Bahamas.

Nous naviguerons pendant une quarantaine d’heures, avec une seule petite pause pour accomplir les formalités douanière sur l’ile de Bimini, avant d’arrêter enfin pour la nuit à Norman Cay. Cette fois, sur les trois quarts de nuit, j’en fais deux. Comme la serveuse automate de Starmania,  » ça m’laisse tout mon temps pour rêver « .

Yanick, dans ces eaux paradisiaques, se sent enfin en vacances :  » J’ai l’impression que notre voyage commence !  »

Quant à moi, l’arrivée dans les Bahamas me déçoit : décrites comme le paradis de la pêche, les eaux laissent cependant mes deux lignes désespérément vides. Moi qui pensais me retrouver en pleine pisciculture, me voilà le bec à l’eau. Ce soir, nous mangeons des pâtes

Même si ça ne me ressemble pas, j’ai Lamartine en tête et je préférais les vagues bleu métallique de la baie de Chesapeake. Ces eaux de carte postale me semblent désespérément vides : pas de dauphins, pas d’oiseaux, pas de prises et aucune trace de Claude et Nathalie ! Le paysage est superbe et désert, comme ces beautés plastifiées qui n’ont aucune conversation. Les aficionados des Bahamas me reprocheront ici – avec raison – un jugement à l’emporte-pièce : fatiguée, n’ayant pas même mis le pied à terre une seule fois, sans avoir fait de plongée, je suis de toute évidence passée à côté de la chose. N’empêche qu’il s’agit bel et bien de ma première impression des lieux.

Je sais bien cependant que les prochains jours me feront changer d’idée. À suivre.

(1) Habituellement, il est recommandé que l’ancre soit proportionnelle à la longueur du bateau : une livre au pied. Comme Lhasa fait 49 pieds, notre ancre de 45 livres est un peu juste et nous chassons régulièrement.

(2) Sous des dehors menaçants, Bête féroce est en fait nommée en l’honneur du dessin animé  » Marguerite et la Bête féroce  » dans lequel la  » bête  » serait une sorte d’hippopotame sympathique à pois (Marguerite, c’est l’annexe !)

13 réponses à “Les Bahamas !

  1. Ma boite de courriel fait ding dong. C’est vous, enfin! Vous allez bien malgré une certaine appréhension de quitter le continent. Cet arrêt était absolument nécessaire pour le bateau mais aussi pour recharger vos « batteries » personnelles. Ça va mieux maintenant, sans vous connaître j’en suis heureuse. L’hiver au Québec proteste un peu en tempêtant, histoire de nous rappeler qu’il est encore là mais le soleil se fait insistant. On sait bien qui va finir par gagner.
    Amicales salutations.
    D.

  2. Aurore Gardès

    Super, des nouvelles de vous ce matin !!! Je suis heureuse de voir que votre aventure se poursuit dans ces eaux tropicales… et de savoir que vous faites toutes ces rencontres bien enrichissantes. Nous vous envoyons de grosses bises bien fraîches !
    Aurore

  3. Je me languissais de vous lire, et ce matin je suis très heureuse de vous retrouver en bonne santé et de vous voir impatients de rattraper vos amis. A très bientôt et gros bisous à vous.

  4. André Beauregard

    Bonjour à toute petite la famille,
    Un petit mot sur votre ancre qui chasse … La Manson Boss a été spécifiquement fabriquée pour les bateaux à moteur afin qu’elle s’adapte à leur rouleaux d’entrée. Ne serait-ce pas là le pourquoi de votre chasse ???
    Profitez bien des Bahamas
    André & Marie-Jo

  5. Bravo, et vive les Bahamas! Nous sommes a St. Barth avec notre transmition cassee!!! If faux repraree avant partir!$$$!$$$!$$$ bissou

  6. Ahhhhh enfin des nouvelles. Bien heureuse que vous allez tous bien et que l’aventure se poursuive. Bisous à tous. xxxxxx

  7. Bien contente d’avoir de vos nouvelles… Pour la pèche miraculeuse, peut-être vous faudra-t-il inventer la danse du poisson avec les enfants, pour lancer les incantations poissonneuses jusqu’aux fonds des fonds des océans!
    bises
    Julie

  8. Pauline & Georges

    Enfin des nouvelles, il ne faut pas se laisser aller par les dire de personnes vivre et laisser vivre. Heureuse de vous savoir en pleine forme. L’endroit est très belle, la chaleur doit l’être aussi, nous on a de neige et toujours de la neige. Profitez en et soyez heureux bonne continuitée et j’espère que vous allez trouver vos invités tant attendu. Salut aux filles et gros calins à tous.

  9. très heureuse d’avoir des nouvelles prenez soins de vous

  10. Pauline & Georges

    J’espère que vous avez retrouvé vos amis tant attendu. Bonne continuitée portez vous bien.Salutation à tous. on vous aime et pensons à vous.

  11. Pauline & Georges

    Joyeuses Pâques à toute la familleXXXXXX.

  12. Gérard Tremblay, de Granby

    BONJOUR,
    INTÉRESSANT DE VOUS LIRE À NOUVEAU ET DE CONSTATER QUE TOUT VA BIEN. BONNE POURSUITE,

    GÉRARD

  13. Pauline & Georges

    Bonne Fête Ève gran-papa Georges a essayé d’appeler papa mais c’était un message. Passe une très belle journée on t’aime.♥♥♥

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