Saint-Augustine: le rendez-vous manqué

LHASA à l'aube devant le Bridge of Lions, nommé en l'honneur du fondateur de la ville, Ponce de Leon.

LHASA à l’aube devant le Bridge of Lions, nommé en l’honneur du fondateur de la ville, Ponce de Leon.

Mi-janvier.

Lorsque nous atteignons Saint-Augustine après une petite journée de navigation plutôt désagréable dans le brouillard, c’est le bonheur: nous avons recommencé à voyager ! Et nous voici qui plus est dans une destination de choix !

Ville historique

St-Augustine a été fondée par les Espagnols au 16è siècle. Ce passé, au demeurant belliqueux, en fait donc la plus vieille ville d’Amérique du Nord. Les commentaires qu’elle attire sont par ailleurs systématiquement élogieux. Aussi, j’attends beaucoup de notre visite de la ville, d’autant plus qu’en ce temps-ci de l’année, plus de 3 millions de lumières décoratives illuminent ses rues.

Après quelques tentatives infructueuses pour ancrer, il se fait tard et nous nous décidons pour un mouillage géré par la marina municipale. Bien que les coûts en soient presque ridicules, c’est une dépense que nous avions espéré éviter, notre séjour à Jacksonville nous ayant coûté plus cher que prévu (forcément nous y sommes restés plus longtemps que prévu !). Cela dit, nous sommes situés juste devant la promenade au bord de l’eau et bénéficions d’une vue sur le fort.

Le hic: l’avitaillement

Nous passerons donc six jours à St-Augustine au lieu des 3 prévus initialement. Notre séjour se prolonge notamment parce que, le soir du 4e jour, alors que nous nous apprêtons à partir le lendemain, nous nous trouvons soudainement à cours de gaz propane pour la cuisine. Impossible d’entreprendre une traversée de 48 heures (1) sans avoir de quoi mitonner des repas chauds (2).

Une bonbonne nous dure habituellement entre 4 et 5 semaines et nous l’avons remplie à Jacksonville un peu avant Noël. Or voilà, il y a eu Noël, les repas plus élaborés, la dinde, etc. Nous sommes donc soudainement à cours de propane. Malheureusement, à St-Augustine – comme dans plusieurs endroits par ailleurs – s’approvisionner en gaz est un aléa qui prend plus d’une demi-journée si c’est fait à la fine épouvante. Autrement, en amenant les enfants par exemple, il faut compter plus.

En fait, l’avitaillement en général est assez difficile à St-Augustine. Des pièces pour le bateau ? Près de 2 miles de marche. L’épicerie ? Outre un petit marché sommaire à une vingtaine de minutes de marche de la marina (il faut compter plus long pour le retour, chargé), le supermarché le plus près nécessite une grosse dizaine de minutes d’annexe et une marche au moins  équivalente (il faut compter plus pour le retour, très chargé). Avec des enfants, ça constitue presque l’activité de la journée. La pharmacie ? Bonne chance. Vous en trouverez une en périphérie du gaz propane ou des pièces pour bateau.

Visite reportée

De fil en aiguille, même si nous y resterons finalement 6 jours au lieu des 3 initialement prévus, entre les siestes des enfants et l’avitaillement, je ne réussirai pas à faire de la ville une réelle visite, ni à me faire de la ville une idée véritablement flatteuse. Très axée sur le tourisme, la vieille ville me fait penser un peu au Vieux-Montréal, souvent presque surexploité. Plusieurs bâtiments sont très beaux, mais ont un je-ne-sais-quoi de faux et de guindé: on dirait un décor de luxe pour une représentation théâtrale du Cid.

Il nous aurait fallu définitivement plus de temps pour arpenter ses rues, mais mes parents arrivent dans quelques jours à Fort Lauderdale et nous espérons avoir changé entre-temps les batteries à Miami alors…

Alors nous quittons Saint-Augustine comme nous avons quitté New York, en restant sur notre faim et en espérant bien y revenir…

Informations pratiques

La marina municipale de Saint-Augustine est une des plus belles et des mieux entretenues qu’il m’ait été donné de voir. Pour 20$ la nuit au mouillage (160$ la semaine), elle est aussi fort abordable. Cependant, familles nombreuses et écolos, les cordes à linge sont interdites, tenez-le-vous pour dit ! Sans être inexistants ici, les transports en commun sont inédits : il s’agit d’un mini-bus qui passe grosso modo aux deux heures et qu’on peut faire arrêter n’importe où sur le trajet. Appelez la veille et il se déroutera même pour vous ! Visiter l’Anastasia State Park avec des enfants avides de plage (après un mois frileux à Jacksonville, les nôtres le sont !) est un must, mais la plage à proprement parler est éloignée de la route principale de plus d’un mile sous le soleil. Néanmoins, ça vaut le détour ! (3) Le sable est blanc comme la neige. Nous en profitons pour faire un arbre de Noël décoré de coquillages.

Matériel nautique et pièces de rechange : ne faites pas la route jusqu’au Sailor Exchange de Saint-Augustine. Si vous avez l’occasion, arrêtez plutôt à celui de Jacksonville ou attendez le Sailorman de Fort Lauderdale. Ce sont de bien meilleures cavernes d’Ali Baba !

Le grand départ

Enfin, le 15 janvier, nous partons à 14 hrs pour la plus longue traversée que nous ayions fait en famille jusqu’à présent: 48 heures sans escale.

(1)    Un « passage », dit-on en anglais. Ce nom qui rappelle le rite me parait plus sémantiquement chargé que la « traversée » francophone. Il me semble que le premier, plus que la seconde, s’inscrit dans la durée.

(2)    je me suis découverte fan de soupe en traversée – des soupes instant de préférence, outrageusement salées – à toutes heures du jour ou de la nuit, aux petites heures du matin, une – ou plusieurs ! – de ces soupes me cale l’estomac. Amenez-en alors des quarts de nuit de 4h30 ! (J’essaierai de revenir plus tard sur notre séparation des quarts. Si j’oublie, rappelez-le-moi !)

(3) Nous trichons un peu pour le retour et, dans la plus pure tradition de la V’limeuse, faisons du pouce en famille ! Très vite, un petit campeur s’arrête. Y monter me donne des sueurs froides: propret, impeccable, le pauvre était prêt à tout sauf à notre invasion de souliers plein de sable et de coquillages à gogo ! N’empêche, Claude et Madeleine, des gens de Québec (et voilà pour moi qui dénigre mes compatriotes au profit des Américains ! 😉 nous mettent à l’aise et nous amènent jusqu’à la marina ! J’espère bien que, la prochaine fois, ils accepteront l’invitation à venir casser la croûte sur Lhasa !

)

Advertisements

2 réponses à “Saint-Augustine: le rendez-vous manqué

  1. Wow j’suis bien contente que vous soyez enfin au chaud.
    Verdun avec 2 semaines de temps fret en svp. Bisous à tous. xxxx 😉

  2. bien le bonjour à tes parents, et bonnes soupes salées! Julie

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s