Charleston – 2e partie

Charleston: Je retiens de cette ville qu’on y mange bien partout. Je n’avais plus eu ce sentiment depuis Montréal.

(Luc Bernuy – L’Intracostal, le guide)

Pont Arthur Ravenel, Jr.

Pont Arthur Ravenel, Jr.

Une semaine passée à Charleston nous a tout juste suffit pour commencer à en goûter tous les bons et beaux côtés.

La gourmandise

GourmandiseJ’ai bien peur qu’il s’agisse là d’une tare familiale. Pour ma part, si je peux être presque ascétique sur plusieurs choses, à  la table, je me révèle à la fois disciple d’Épicure et de Dionysos.  De sorte qu’à Charleston, les tentations sont fortes.

Je ne parlerais pas des restaurants : ils sont légion, certains carrément irrésistibles.

Entrée par hasard dans un drôle de café affichant à sa porte un coq et un sanglier aux couleurs de la France (1),  je ressors de l’espace étroit, clair et haut de plafond les narines enivrées de parfums d’herbes et de cuisson. Pourquoi en être ressortie si vite ? Sans doute l’esprit de conservation : j’y serais peut-être encore !

Blague à part, c’est la curiosité qui me pousse : tout le monde est au Musée des Enfants, je découvre la ville en solo et c’est merveilleux. Il me reste encore tant à marcher, je résiste pour ne pas encombrer ma course de victuailles. En mon for intérieur, je sais que l’occasion risque fort d’être manquée. Je cours néanmoins le risque. (Je n’avais jamais remarqué auparavant jusqu’à quel point les restaurants sont habituellement privés d’odeurs. Triste constatation…)

Passant sous silence les restaurants, donc, on ne peut faire subir la même chose au marché hebdomadaire qui se tient tous les samedis au Marion Square. Plus du tiers des étals vendent de la nourriture à emporter ou à déguster sur place. (Aah, manger dans la rue… Quel bonheur !)

Si Yanick met la dent  dans un chien chaud à l’européenne et un pretzel, je lorgne du côté des mijotés : ragoût de saucisses et d’okras, entre autres. Je suis fascinée ces derniers temps par les mets à base d’okras ou de patates douces, nombreux et savoureux par ici (la patate douce est le légume officiel de la Caroline du Sud !). Ces premiers étals nous mettent l’eau à la bouche et nous sommes tout prêts à dévorer le marché (il m’arrive aussi d’être disciple de Pantagruel).

Il me faut dire quelques mots de Christophe, pâtissier de Toulouse rencontré par hasard dans la rue.  – Par hasard ? Pas vraiment. Il revient sur ses pas pour nous parler, attiré par notre inimitable accent ! –  Christophe a travaillé deux ans à la Pâtisserie de Gascogne à Montréal et est maintenant installé ici avec sa famille. Mais surtout, Christophe fait du pain.

Le pain, tellement  mal-aimé chez nos voisins du Sud ! Souvent sans personnalité, sans goût, sans tonus, d’une texture mouilleuse, à conservation infinie, le pain ici sert aux sandwichs et aux tartines.  Lorsque nous avons rencontré Bertrand et Christine à Beaufort, ces Niçois installés à Raleigh nous ont confié que, parmi tous les défis qui les attendaient en Amérique, la baguette – l’absence de baguette, précisément – est  parmi les plus cuisants et les plus inattendus (en fait, la baguette est le symptôme d’une affection plus grande : la nourriture en général). Or, voici que Christophe nous offre la possibilité de nous régaler de ce met si rare, une bonne baguette, blonde et croustillante à l’extérieur, tendue et souple à l’intérieur. S’il la vend une fortune (3,75$ la baguette !), elle est à la hauteur de nos attentes et nous la dégustons sans attendre, dans la rue, comme nous le faisions à Montréal ou en Europe.

(J’aurais dû titrer cet article : Ode à la baguette !)

L’architecture (dédié à Philippe M.)

Cependant, on aurait tort de croire que les attraits du ventre m’ont fait oublier ceux de l’esprit. En effet, Charleston offre de superbes promenades à l’amateur d’architecture.  Frises, colonnades et  vérandas rivalisent de charme. Les maisons se succèdent, se ressemblent souvent quant à l’esprit de leur construction, mais diffèrent quant aux détails de l’exécution.

DSC_0074

Pour EdithEn outre, les proportions des espaces, généralement peu répandues chez nous, sont très intéressantes : plutôt que de s’étaler en façade (ce qui conduit certaines maisons chez nous à perdre carrément la face), les maisons de Charleston sont souvent secrètes. Disposées de telle sorte qu’elles présentent à la rue un profil restreint, elles font face à une petite cour sur laquelle s’ouvrent les pièces. De sorte que la porte d’entrée à partir de la rue ne mène souvent pas à la maison  à proprement parler, mais à la véranda, à partir de laquelle on y accède véritablement. La maison charlestonienne semble donc repliée sur elle-même, professant pour la rue une ignorance superbe.

DSC_0769[1]

Vue depuis la cour: une façade congrue et dépouillée (à gauche) se présente à la rue.

Porte ouvrant sur la véranda

Détail: porte ouvrant sur la véranda

C’est peut-être pour cela que j’ai connu ici une de mes plus grandes frustrations photographiques : ayant pris plus d’une centaine de photos de ces maisons si jolies, à peine ai-je une photo sur quatre qui se révèle intéressante. Les autres n’ont rien retenu de l’âme de ces demeures. Leur charme s’échappe. Dommage. Cependant, j’ai assez joué de l’obturateur pour en avoir un bel échantillon – une fois encore, les portes me fascinent…

(à venir : Charleston pour les enfants)

(1)    Il s’agit de Gaulart & Maliclet.

5 réponses à “Charleston – 2e partie

  1. Merci pour les photos dédiées, et que la suite du voyage soit fort belle et agréable pour tous

    xxx Philippe M.

  2. enfin un mot qui fait simplement et largement sourire😉 xxx Julie

  3. Pauline & Georges

    Très intéressant Catherine les belles binettes que l’on revoit aussi très intéressant. Tu n,a pas eu assez des ponts, que tu en photographie un très jolie.xxxxxx♥♥♥♥

  4. Pauline & Georges

    Notre première neige,grésil et tout le tralala.

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