Charleston, Caroline du Sud – 1e partie

 

Plaque d'égoûtCharleston… J’en rêvais depuis la lecture d’Autant en emporte le vent… Mais si on m’avait dit qu’un jour, je marcherais sur les traces de Scarlett, j’admets naïvement que je ne l’aurais jamais cru ! J’adore ce genre de surprises !

Pour donner le ton à la suite, disons d’entrée de jeu que Charleston est une ville superbe, sans doute la plus intéressante (New York mise à part, évidemment !) qu’il nous ait été donné de visiter jusqu’à présent.

L’arrivée

Notre premier contact avec la ville est la Charleston city marina, un immense complexe de 400 places cintré d’un megadock, une énorme masse de béton de 1530 pieds aussi disgracieuse qu’imposante ! Même si nous avions eu envie d’y attacher Lhasa, ils sont complets, semble-t-il.

Que cela ne tienne, un Français sympathique, l’air parfaitement hippie, nous accroche avant même que nous soyions sorties des bureaux, les filles et moi. D’un seul souffle, il nous conseille l’ancrage à quelques centaines de mètres de l’autre côté du canal, nous suggère d’oublier de payer les frais de 5$ par jour pour garer l’annexe, nous donne le code pour accéder au Wi-Fi de la marina et nous informe d’une navette qui rejoint gratuitement le centre-ville. Parfois, il me semble que j’ai un don pour ce genre de rencontres, ou est-ce ma bonne étoile…

De l’autre côté du canal, d’autres bateaux sont déjà ancrés. Mais à l’écart, un bateau échoué, à demi rongé par les algues – les eaux le couvrant à demi à marée haute – nous donne un peu froid dans le dos… et enthousiasme les filles qui rêvent de visiter l’épave sur-le-champ. Jaro (Cape Crusader) nous avait prévenu : ce n’est pas la seule épave qui  hante le coin.

Épave immergée, attendant le coup de grâce des marées - seuls les mâts de bois émergent de l'eau. C'est le Sic transit gloria mundi des bateaux à l'ancre derrière.

Épave immergée, attendant le coup de grâce des marées – seuls les mâts de bois émergent de l’eau. C’est le Sic transit gloria mundi des bateaux à l’ancre derrière.

Ces épaves, nous l’apprendrons plus tard, en auront rebuté d’autres, comme l’équipage de Carisma qui prendra un quai à coût exorbitant. Jaro et Vivianne ont préparé notre passage à Charleston : un de leurs amis nous attend. Quai gratuit, électricité, chaleur humaine…  Petit hic : il nous faut passer un pont. Nous renonçons donc, déçus,  aux bons contacts d’ambassadeur de Cape Crusader.

De la grande visite !

Cela dit, une grande surprise attend les filles à Charleston : mes parents, Edith et Luc, viennent nous y rejoindre afin de passer les deux prochaines semaines avec nous.

Myriam, Ève et Gabrielle se balancent avec Luc, leur grand-père.

Myriam, Ève et Gabrielle se balancent avec Luc, leur grand-père.

Dans leurs bagages, ils ont des quoi enchanter tout le monde : sirop d’érable pour les crêpes, Beurre mystère 2 (beurre de noix) pour Yanick et, pour les filles, pyjamas chinois. Mais c’est sans compter le principal : un petit sapin et tout ce qu’il faut pour le décorer en moins de deux ! Ravissement garanti !

"La maison de Scarlett", prétend mon père.

La maison louée par mes parents: « La maison de Scarlett », prétend mon père.

Comme ils ont loué une maison au centre-ville, nous passerons toutes nos journées loin de Lhasa, à sillonner Charleston qui nous devient peu à peu familière. Si j’aime apprivoiser une ville et l’habiter de mes pas, j’ai chaque soir un pincement au cœur en montant dans l’annexe : et si notre bateau s’était décroché et nous attendait, lamentable, échoué sur la rive ou fracassé contre le pont tout près ? Bien entendu, voilà de nouveau mon imagination délirante qui fait des siennes : Lhasa nous attend bien sagement au bout de son ancre, dans son pré marin.

Nuit - port de Charleston 2

La Charleston city Marina de nuit.

La Charleston city Marina de nuit.

Nous passons la première soirée avec mes parents dans un endroit que nous fréquentons pourtant peu normalement : une église. Nous assistons avec une petite quinzaine de personnes à un concert de chants gospels. L’assistance est restreinte, presque entièrement de race noire : mes quatre filles roses, assises, fascinées, au bout de leur banc, attirent tout de suite l’attention. La chanteuse principale vient chercher Myriam qui n’attendait que cela. Mais elle n’est pas prête à partager sa gloire : du coin de l’œil, elle surveille ses sœurs et leur fait de petits signes de refus lorsqu’elles tentent de la rejoindre.

N’empêche, Gabrielle vivra un grand moment. Lorsqu’enfin elle rejoint sa sœur malgré les simagrées de celle-ci, le chœur entonne le chant gospel longuement pratiqué avec sa chère enseignante de maternelle, Mlle Sarah : This is the light of mine. La chorégraphie est presque identique, les paroles sont les mêmes si le rythme diffère un peu. C’est son heure de gloire. Sa mère, fan finie, est extatique ( je la connais, elle – la mère de Gabrielle – en pleurerait… J’espère que Mlle Sarah et Enis, le meilleur ami de Gabrielle, liront ceci.)

Les premières promenades

Deux aspects me frappent dès les premiers jours. D’abord, on ne peut passer outre l’architecture, ces Belles du Sud un peu guindées qui se révèlent à chaque pas. Chaque nouvelle maison semble présenter un intérêt nouveau, une coquetterie spéciale. Mais surtout, ce qui me frappe, ce sont les gens croisés dans les rues.

c of cOutre le vieux Charleston, le cœur de la ville est constitué du College of Charleston. Les étudiants envahissent tout, ils sont partout, donnant aux rues cossues et vieillottes un incroyable air de jeunesse. Mais surtout, à ma grande surprise, les gens croisés dans la rue sont… blancs. Blancs, Blancs, si peu de Noirs qu’on les voit comme un nez au milieu de la figure. En fait, ce n’est pas exactement vrai. Les gens de race noire sont partout… dans les endroits les plus discrets, les emplois les moins valorisés, les quartiers moins soignés.

Triste et déçue, j’ai cherché à me détromper. Je n’y suis pas arrivée.

La parade du Père Noël  à laquelle nous assistons à la fin de notre séjour a plutôt tendance à me confirmer la chose : fort peu de chars et très peu de groupes sont composés d’ethnies mélangées. Il y a même un groupe scout qui s’identifie racialement : groupe scout latino. D’Asiatiques, je n’en ai vus que dans les restaurants de même origine.

Les deux solitudes ne sont pas linguistiques ici, mais ethniques.

Cependant, un autre aspect, celui-là autrement plus gracieux, de la population charlestonnienne me frappe. Il s’agit de la quantité ahurissante de belles jeunes filles qui ornent les rues. Partout, toujours, ces jeunes filles en fleur éclipsent, par leur sourire et leur nombre, leurs collègues masculins. À se promener par un bel après-midi ensoleillé, on dirait qu’au moins la moitié des habitants de la ville sont des jeunes filles aux terrasses, à bicyclette, devant la bibliothèque, assises sur les bancs. Et j’ai une pensée toute affectueuse pour notre ami Samuel A., avec qui j’aimerais partager la scène.

À suivre…

On aurait tort de croire qu’une semaine à Charleston peut se résumer dans un seul article ! En effet, des séductions de la ville, je n’ai parlé que des moindres. Que dire des autres ! (À suivre…)

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7 réponses à “Charleston, Caroline du Sud – 1e partie

  1. Aux récits d’aventures, succèdent les récits de découvertes ! J’avoue que je prèfère vous imaginer arpenter les rues de cette belle ville (semble-t-il) que parmi les vagues, les vents et les ponts ,-) !
    Bravo, Gabrielle pour le show de gospel que tu as pu donner ! Enis aurait aimé être avec toi, c’est sûr… (pensée spéciale pour Mme Sarah qui a tant apporté à nos petits bouts !)
    Grosses bises à vous tous,
    Aurore

  2. gardes christiane

    Bravo Gabrielle!…j’imagine votre émotion!….tu sais je vous avais vu à Montréal pour la fête de fin d’année avec Mlle Sarah,
    et j’aurai bien aimé te revoir à Charleston!….quelle belle aventure vous vivez!…
    Je vous suis et je suis très admirative de votre courage!…Je vous souhaite de bons moments avec vos grands-parents…
    De gros bisous!
    Ma mamie d’Enis Christiane

  3. Pauline & Georges

    Quelle belle surprise!!! Les filles ont du être très contente et vous aussi d’ailleurs. Je suis très contente pour vous ici pas encore de neige et je suis très fière, la chaleur et le soleil approche merveilleux, les photos sont très belles. À plus, encore bon voyage.XXXXXX♥♥♥♥

  4. Tres bel article sur cette ville que je connais pas mais qui me donne le goût de la visiter a mon tour. Je suis votre parcours avec grand intéret. Bon voyage

  5. Quel beau texte qui nous fait découvrir Charleston la belle différemment. Merci de ce récit et on attend la suite! Et heureuse de vous voir calme et serein, enfin 🙂

  6. J’aime. Il n’y a rien à ajouter. Tout autre commentaire serait superflu.

  7. Wowww….qu’elle bel article !!! Je suis tellement heureuse pour vous quand je lis cela !!! xxxx

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