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Avant l’Atlantique, NJ

Atlantic Highlands (Baie de Sandy Hook) : Une douche chaude et propre, une buanderie pas très loin et, comble du luxe, une aire de jeux entre les deux ! Le bonheur le plus parfait tient parfois à très peu de choses…

Voilà pourquoi nous voici déjà depuis une semaine ici. En fait, entre la température clémente et le petit bateau taxi de la marina qui nous offre une autonomie incroyable pour aller à terre, entre la rencontre quotidienne de pêcheurs qui parfois partagent leur prise avec nous et les gens très accueillants, nous prenons le temps de préparer adéquatement le bateau pour l’aventure qui nous attend : une première navigation nocturne jusqu’à Cape May (24 heures d’ici), ce qui devrait nous amener à Annapolis un peu avant l’Halloween.

Parmi les travaux que nous effectuons, il y a les branchements HF (pour la radio à ondes courtes), le grand ménage du poste de pilotage, l’installation des voiles, le changement des cordages usés – écoutes, balancine et drisses – l’installation des filets de sécurité.

Vingt fois sur le métier…

Oubliez la littérature, Boileau devait être marin ! Ces fameux filets de sécurité qui n’ont l’air de rien une fois installés sur un bateau (quoiqu’ils peuvent aussi avoir l’air de rien, ce qui nuit un peu à l’impression générale) sont un véritable casse-tête, malgré ce qu’on en lit sur internet ou ça a l’air si simple !

Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage, conseillait Boileau au XVIIe siècle. Et bien, c’est exactement ce que nous avons fait. D’abord, l’été passé, c’est Yanick qui s’est acharné 3 fois sans succès (mais il s’est bien gardé de me le dire !). Aussi, voyant son peu d’enthousiasme à entreprendre une nouvelle fois un travail que je considère essentiel, je me jette à l’eau ! Et bien, pour un néophyte, la manipulation de ces filets, étirables en tous les sens, souples et légèrement élastiques, se compare à la sculpture avec un mélange de fécule de maïs et d’eau ou avec de la gélatine. J’y perds jusqu’au latin que je n’ai jamais eu !

Avant d’y perdre aussi les pédales ou mon calme, je m’astreins à la réflexion : il y a forcément une façon cartésienne d’y arriver . Je me rappelle un concours national de logique mathématique (Mathémathlon) remporté à la fin du primaire (1) et je respire par le nez : de la logique avant toute chose, et pour cela, préfère l’impair (Verlaine). Munie de mon ruban à mesurer, j’y arrive enfin après une demi-journée de tâtonnements. Mais la technique n’est pas au point : la demie du bateau est à peu près terminée, et je ne peux plus me cacher que vraiment, ça ne me satisfait pas. Le filet est trop lâche. Je revois mon calcul et détisse tout mon travail pour le reprendre. Et je pense aux interminables chapelets de Marie Chapdelaine ou au travail répété de Pénéloppe. On trouve toujours plus mal prise que soi dans la littérature ! Et pour ajouter du style (au grand dam de Boileau !), la filière du milieu est tressée avec un cordage façon queue de Marsupilami – d’un grand effet !

J’en déduis donc que la pose du filet de sécurité est une étape essentielle, un pensum nécessaire à quiconque désire faire de la voile en famille. C’est une activité qui laisse tout le loisir pour se repentir d’avoir choisi un bateau trop gros, ou d’avoir choisi un voilier plutôt qu’un bateau moteur, ou d’avoir choisi de mettre sur ce bateau de petits êtres adorables et inconséquents qui ne pensent qu’à se jeter par-dessus bord… Ou toutes ces réponses. Mais si après 3 jours, 100 pieds de filets et 4 pieds manquant pour une raison inexplicables, si après tous ces nœuds volontaires ou non, ces enfants qui se suspendent dans votre installation temporaire et vous force à tout reprendre, si après ces mailles à l’endroit, ces mailles à l’envers, ces mailles échappées, vous n’arrivez pas à vous repentir de quoi que ce soit, c’est que vous êtes définitivement assez fou pour continuer !

 

Gabrielle : Bonne nuit, Véro !

Véronique : Bonne nuit toi-même !

 

Gabrielle et Myriam

(1)    Mathémathlon : j’avais remporté ce concours en équipe avec une voisine et amie, Marie-Pascale.

Il devait bien y avoir quelque chose dans l’air du quartier (je vivais au numéro civique 97, Marie-Pascale au 98), puisque Marie-Pascale a elle-aussi « mal tournée » : d’après ce que j’en sais, aux dernières nouvelles, elle vit à Jakarta avec son mari allemand et leur enfant, planifiant leur déménagement au Brésil. Un autre voisin (habitant au 99 !), de plusieurs années notre ainé, Michel Pérusse, est un des premiers caucasiens à avoir arpenté la jungle néo-guinéenne.

Bref, il semble qu’il y avait dans l’air comme une envie d’aller voir ailleurs…

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Une réponse à “Avant l’Atlantique, NJ

  1. C’est pour ça que Marina Gosselin charge 10 heures de travail pour installer un filet et il t-ya seulement un de ses gars qui a la patience de le faire alors bonne chance!!!

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