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La photo de voyage, la photo de rue

Photographier des inconnus dans la rue: le résultat d’un regard empathique posé sur eux ?

Népal: Cet homme a-t-il jamais su que je le photographiais ?

Il est de notoriété publique que photographier des inconnus dans la rue est de mauvais aloi, tant ici qu’en voyage. Or, combien de fois n’ai-je pas pensé: «ça ferait une belle photo !» avant que la scène s’évanouisse ?

Arrivés depuis seulement quelques jours au Népal, nous n’avons que des gros billets, peu de monnaie: aussi la vieille femme sera-t-elle déçue de notre « don » et ne se privera pas de nous le faire savoir. La petite fille, par contre, parait ravie de se faire prendre en photo.

 

Au Népal, par exemple, certains m’ont chassé de la main lorsqu’ils m’ont vue approcher avec la caméra. D’autres m’ont laissé faire pour me réclamer ensuite un subside (et disons-le, j’ai au moins une fois été insultée parce que le dédommagement monétaire en question n’était pas aussi élevé que les espoirs suscités).

D’autres encore me poursuivaient pour me demander de les prendre en photo. J’ai parfois été étonnée de constater la qualité de celles-ci, même si alors, le sujet posait.

Cela dit, voici les réflexions d’un photographe de rue new yorkais à ce sujet. J’aime particulièrement le passage où il souligne que la photographie de rue pose un regard empathique sur l’humanité, faisant ressortir la beauté de la banalité ou même de la laideur:

I believe that these images enrich our lives and promote empathy.  To make portraits of people, you have to study them.  The anonymous crowd pouring through the city is now a mass of individuals.  Each person is imbued with love, hate, and joy.  So it is in this sense I think we are philanthropists.  We love humanity.  How many misanthropes do you see shooting street photography?  We find beauty in humanity and accentuate it.

So we are the finders, keepers, distributers and multipliers of beauty.  And to prove another slightly different point, I think this is why I like to photo the grit and the grime of New York.  To show that there is something lovely in the destitute.  The lotus flower is one of the most beautiful… and grows in the muck of nasty swamps.  Our city of New York is covered in dirt, graffiti and rusty syringes.  There is also a suspiciously high number of used tampon applique’s on the beaches of Brooklyn.  But our minds crave beauty and we shall find what we seek.

What about the nay sayers?  Well… I suppose we could take a look at the hater’s argument.  While I don’t think there are many that get displeasure from looking at these photos, there are probably quite a few that get displeasure from their photo being taken.  How are we promoting the highest good if people are getting angry?  The paparazzi harass celebrities into shaving off all their hairs (shout-outs to my girl Brit).  This is where the fuzzy line of ethics in street photography is encountered.  Harassment is definitely the transgression into unethical photography.

Could you say that I am harassing someone when I snap the shutter and walk away?  Perhaps… but that’s a shaky espousal.  If I photo someone, they get upset and I continue to photo them, then the line was crossed (and no, I don’t do this).

Si ces réflexions m’amènent à assourdir ma crainte parfois presque maladive de choquer et à reprendre ma caméra pour arpenter les rues, le débat n’en est pas clos pour autant:

D’un autre côté, prétendent certains, la personne photographiée ne retire souvent absolument rien du cliché qui est pris. Dans de rares cas, la photo peut même lui faire préjudice. L’image d’un individu lui appartient-elle ou bien est-elle le fruit du regard posé par le photographe, donc la propriété de ce dernier ?

Au Québec, la loi est complexe. Francis Vachon, photographe professionnel et frère d’une bonne amie, en donne un résumé particulièrement clair sur son site. Très brièvement, disons qu’il est interdit d’utiliser où que ce soit la photo d’un individu dont il est le sujet principal si vous n’avez pas obtenu son consentement, idéalement signé, sinon audio:

La phrase à se rappeler est qu’il n’est pas légal de publier sans son consentement la photo d’un inconnu reconnaissable et étant le sujet principal de cette photo si celle-ci n’a pas été prise dans le cadre d’un évènement d’intérêt public.

Idéalement, ajoute-t-il, lorsque la photo est prise, on aborde la personne pour la lui montrer et obtenir alors son consentement.

Alors, on «pose» ?

Une réponse à “La photo de voyage, la photo de rue

  1. Fanny (Bateau Lam)

    Salut!
    Je suis contente de lire ces lignes, moi qui adore prendre des photos et ai toujours de fortes réticences à photographier les gens dans la rue. En effet, si j’aime l’instantanéité de ces images volées au présent, et qui sont souvent belles et vivantes (la photo de la femme – népalaise? – et de son bébé plus haut sur cette page est magnifique…), je suis toujours gênée de la faire. Je trouve cela très intrusif et, n’aimant moi-même pas être prise en photo, je me mets dans les chaussures de la personne qui se fait prendre. Je me dis qu’à leur place, je ferais alors figure de ‘bête curieuse’ face à un touriste en quête de souvenirs… Je ne sais pas, le concept est compliqué, je ne me sens pas à l’aise face à ce geste qui n’en est pas un d’échange, à moins que le sujet et moi n’ayons discuté et pu créer une relation au préalable. J’admire alors les gens qui sont capables de prendre ces clichés sur le vif sans l’imposer à ceux qui en sont les sujets. C’est un exercice d’équilibriste, mais dont la récompense est sans doute de grande valeur…

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